jeudi 5 février 2009

La cinquième mamelle

Je suis pas pour la parité. Je suis pour l’à-part…ité, pour la radicale différence moi.
Méditez mes enfants, méditez. Des fois comme ça j’écarte les mots comme un specule-homme un vagin, et ça change tout le sens. Freud avait trouvé le filon de la névrose comme maladie, reprise en « mal a dit » par Lacan, le langage étant son fil long à lui.

(après je me calme)

La parité donc. Une différence « pareille » aussi, ça devrait nous mettre la puce à l’oreille, et pas le pied à s’étriller.
Je ne suis pas un poil féministe (haha), au risque de me faire détester par mes congénères, par mes con-mégères même, si j’osais. Moi je dis comme Louise Bourgeois « je suis une femme, je n’ai pas besoin d’être féministe ». Et aussi comme Marina Tsvétaïava « je suis pas menteuse, je suis mensongère ». Des tas de trucs comme ça.

Je ne crois pas et revendique encore moins une symétrie parfaite entre l’homme et la femme, un parfait « pendant » féminin du masculin. « Pendant féminin » hahaha, ça sonne phallique en plus. Alors ni pendant, ni moule de rien.

Hier , un informaticien m’a raconté une blague. « C’est quoi la différence entre un chocolat mâle et un chocolat femelle ? ». Heu je sais pas… Le « nu t-elle l’a » alors que le choc hola olé olé (n’importe quoi). C’est les noisettes en fait.

Un jour, au début de mon analyse, j’ai rêvé que j’entrais dans le cul d’une vache pour échapper à mon agresseur (un homme quoi). Il me suivait à l’intérieur, même pas peur. J’étais bien marrie de cette audace, pensez. Me poursuivre jusque dans le cul d’une vache ! Ca ferait une expression à part entière, ça. « Il serait prêt à la poursuivre jusque dans le cul d’une vache !».

Bref.

Alors moi évidemment je ressors de la vache, haha bien fait pour lui, et que se passe-t-il ? Il fait sortir son zizi par le trou de la vache (cul, vagin, je sais plus, c’était la même chose pour moi petite de toutes façons, la fameuse et nébuleuse « zone des fesses »).

Et donc je me retrouve face au derrière d’une vache dont sort fièrement un sexe d’homme, comme une cinquième mamelle.

(…« La cinquième mamelle », ça ferait un excellent titre de film aussi non ? La cinquième mamellément… la cinquième mamellàmaman (j’associe comme une folle et le psy applaudit, je l’entends à sa petite cuillère qui tourne plus vite et moins rond dans sa tasse carrée…)

Bon. Après, ça devient très pornographique en apparence (car en fait non, c’est très innocent).
Car que croyez-vous que je fis devant une telle provocation ? Ni une ni deux et contre toute attente, je fais une fellation à la vache, mais comme en fait c’est genre une cinquième mamelle, le psy me dit que je tête la vache comme un petit veau. Et moi je lui dis ho, je sais reconnaître un pis d’un pénis tout de même, tout lacanien que vous soyez. Et là il me dit « c’est la même chose dans l’inconscient » ( ???) et m’explique que Freud lui-même a dit que la fellation n’était que la version adulte de la succion infantile du sein, une sorte de métaphore voyez, de substitution.

Bref la fellation c’est pas cochon. C’est comme un petit veau tout mignon.
Il faut le dire à tout le monde.

Mais le secret du désir que recèle ce rêve est ailleurs.

Comme le lecteur s’en sera perspicacement aperçu, je transforme cette simple vache en super « vache phallique » (maman). Et donc ça tu vois ça signe le désir de la petite fille de voir sa mère pourvue de l’appendice qui lui fait si cruellement défaut, afin que tout naturellement elle puisse le donner à sa fille fort dépitée de ne pas l’avoir reçu en cadeau de naissance, et qui peste du coup contre sa mère de cette arnaque anatomique. Mais comme en vrai la mère n’a pas de pénis, la pauvre fille (pléonasme) est obligée de faire un gringue pas possible à son père qui l’a bel et bien lui, le machin, tout ça pour qu’il le lui donne à travers la métaphore d’un enfant phallique imaginaire et qu’elle puisse le refiler à sa mère. Mais ça marche pas trop parce que le père en général, ce salaud, il fait un enfant à la mère. Et après voilà la pauvre fille est obligé de faire des pipes à des vaches pour donner à sa mère le phallus qu’elle a pas.

C'est triste quand même, d'en arriver là.

mercredi 4 février 2009

Annie end Bob... eh bien chantons maintenant ! :)

Pour Abs... un embryon de bande-annonce sans paroles, pour les faire venir ?

(Arrangement musical : kinishao)


video

Rature Rambo


"Je m’en allai, les poings dans mes poches crevées…"


Pffff... c'est ça fais le malin avec tes poings, fais le malin. Fais genre que retenez-toi ou tu fais un malheur. L’aventurier siffloteur qui s’en branle de nous, les culs vissés et les poings dans nos poches sous les yeux. Avec tes mèches rebelles de fashion là, et ton patelin idéal qu’on sait même pas qu’c’est où ton trou harrar. Faux cool va. J’ai pas les poings dans mes poches moi. Et j’ai les yeux en face de tous mes trous. Je suis pas ton féal. Je vais détourner l’avion de ton poème, tuer chaque mot d’une balle dans la lettre s’il la ramène trop. Tu m’impressionnes pas. Dans littérature y’a rature figure-toi. Lis tes ratures, connard. Lis tes ratures. Comme tout le monde. J’en ai connu de plus rebelles que tes vers mon coco, de plus téméraires à sang froid. Le FLMC tiens, le Front de Libération des Mots de la Corbeille tu connais ? Les textes ne supportaient plus d’être jetés comme des malpropres dans la poubelle des PC et ils se sont révoltés. Révoltés ouais. Comme les Farc ou les indiens du Chiapas, ils se sont regroupés en sujets, verbes et compléments armés directs, avec des AG. Et moi je les ai tous aidés tu vois, car je suis le Robin des Bois des mots, des pauvres mots exclus dont plus personne ne veut, des mots qui ne paient pas de mine, oubliés des crayons. Pas comme les tiens qui se la pètent là. Tu savais pas ça hein, ça t’en bouche un coin. C’est comme les histoires qui veulent pas écouter, avec moi elles font pas d’histoires crois-moi. J’ai connu un conteur désespéré que son histoire n’écoutait pas, rien à faire, elle n’en faisait qu’à sa tête et disait à son imbécile d’auteur qu’il ne connaissait rien à son métier, que c’était elle, l’histoire, qu’on devait écouter et non l’inverse, c’était le monde à l’envers quoi alors le conteur il a fait appel à moi pour rétablir l’ordre tu vois, pour remettre son histoire sur les rails du récit et ça a pas fait un pli je te le dis moi. Oui parce que je suis aussi mercenaire commissaire aux contes à mes heures. Alors crois-moi c’est pas un poème de toi qui va m’en remontrer hein… je leur nique leur mère à tes vers. Je zob ton père jamais moi, trop pas. Trop jamais que même. Hahahahahaha. Mais attends là je vois des otages qui s’agitent au premier rang. Je vais t’en exécuter quelques uns pour l’exemple. Regarde-bien ça.

Je m’en allai, les poings dans mes poches crevées…

Tchaka-tchaka-tchaka-tchaka !


Je p in dans mes rev es

HAHAHAHAHAHAHA on fait moins les malins là hein, on fait moins les malins… A qui le tour maintenant ?


Mon paletot soudain devenait idéal

TCHAKA-TCHAKA-TCHAKA-TCHAKA !


Mon p a l etot soud a in devenait ide al

M al a n al

HINHINHINHINHINHINHINHINHIN


J’allais sous le ciel, muse, et j’étais ton féal

TACATACATACATACATACA


s u c e a ton f


Ptin il en reste encore trop ! Tchaka-tchaka-tchaka-tchako !


s c a t o


Alors tu me crois maintenant ? C’est qui qui commande ici ? C’est qui le plus Rambo hein ? Allez, dégage va…


...


- Mais enfin mon chéri à qui parles-tu à la fin ? Tu as finis tes devoirs ? Et ce joli poème que tu dois apprendre pour demain ?


Du coq à l'homme


Un jour, j'appris que le coq n’entrait pour rien dans la naissance du jour et ce fut pire que l’inexistence du Père Noël, pire que l’inexistence du Père tout court, même.

Le cri du coq comme graine de jour, c’était un peu ma théorie sexuelle infantile à moi, mais rapportée au miracle de la nature. Une sorte d’ensemencement de la nuit par le cri et pof, un bel œuf de jour, un petit matin frais, une aube à la "coq" en somme.

Devant mon incommensurable déception, il me fut expliqué en marchant sur des œufs qu’un coq n’était ni plus ni moins qu’une sorte d’huissier sonore de la lumière, de secrétaire du jour si on veut, ce qui était déjà bien beau notez, quoiqu'on m’enseignât la chose de façon moins poétique et que je ne dus qu’à moi-même d’avoir compensé le choc de cette révélation prosaïque – le jour se lève tout seul, comme un grand, et le coq consigne bêtement l’événement – par la grâce de ma métaphore de « l’huissier sonore de la lumière ».

Mais la poésie ne console pas son homme, tout au plus donne-t-elle le courage de demeurer inconsolable, de sortir sa pépite de solitude de la gangue de l’isolement. C’est pourquoi, toujours nostalgique par devers moi de mon ancienne et naïve croyance, et secrètement sceptique quand à l’ordre des choses, je fus heureux de constater plus tard, à l’heure d’autres émois, que mon regard avait sur la femme que j’aimais le pouvoir attribué jadis au cri de mon gallinacé : elle se levait sous lui comme un jour frais, sa nuit toute talquée. Mon regard amoureux n’était pas le récepteur mais l’émetteur de sa féminité, plus radicalement le témoin lumineux de son existence incertaine, comme la veilleuse rouge symbolise, dans une église, la présence de Dieu.

Mon sexe – au sens large je dis bien, et sans vouloir me vanter – jetait l’ancre qui empêchait cette folle de dériver – je dis ça sans méchanceté, toutes les femmes sont folles - de se perdre dans les airs à jamais, le corps hanté d’hélium.
Mon sexe lestait l’échappée belle, la changeait en chape de plume. Chape de plume, c’est beau je trouve… Le cap de son errance bien tenu, accrochée à la patère symbolique de mon clou, elle pouvait dès lors gambader en toute sécurité entre les barbelés de l’amour timbré, dans ce qu’elle nommait joliment « le ghetto de l’éternité ».

Peu importait à ma femme que je fusse faible, fourbe, lâche, défaillant, c’était même la condition de son attendrissement, de cette indulgence mystérieuse qui est moins vertu ou masochisme chez les femmes que reconnaissance et soulagement : reconnaissance d’être aimée et désirée ni par l’Homme majuscule, ni par l’opération du Saint-Esprit, oui, soulagement que ce ne soit qu’un pauvre humain de base qui s’y colle.

A ma grande satisfaction, ma femme condescendait donc, dans son propre intérêt, à être du lard au cochon que j’étais. Ainsi n’est-ce que par pure complaisance féminine que les hommes sont forts. Ils sont forts par défaut. Parce que les femmes seront toujours attendries malgré elles par la farce de cette force. Et si elles n’ont pas leur pareille pour flatter l’imposture de la virilité, c’est qu’au fond ça les arrange, voilà ce que je crois. La mienne était de celles qui, complices de leur ravage, pardonnent toujours les offenses et repoussent sans cesse les limites de l’insupportable, qu’elles ne confondent pour leur malheur presque jamais avec le Pire, Pire de la perte d’amour dont le spectre recule stratégiquement au fur et à mesure que l’insupportable progresse, ce qui fait qu’à aucun moment cet insupportable ne peut devenir le signe d’un Pire déjà là. La perte d’être que ma femme redoutait comme dommage collatéral de mon possible abandon procédait nécessairement pour elle du désamour et non de l’enfer qu’elle vivait ici et maintenant. Elle ignorait que le désamour n’existe pas et passait donc son temps à s’annuler pour repousser l’échéance d’une catastrophe improbable. Les femmes confondent la fin de l’amour niais avec le début de l’amour vrai. Mais ce n’est pas l’amour qui s’éteint, jamais, c’est le regard.

On dit sans réfléchir que le regard d’un homme déshabille mais ce n’est pas vrai, il habille au contraire, croyez-moi, rien n’est plus seyant aux yeux d’une femme que le regard de son homme. Il est son plus beau dessous. Il l’épouse, il la moule, il la roule bien mieux qu’un slim. Dans tous les sens du terme il la roule. Il la roule dans la farine aussi. Mais la farine est le prix à payer, un moindre mâle devant la menace d’être renvoyée à l’inconsistance que voile, dans le temps qu’il dure, l’amour. Toutes les souffrances que je cause à ma femme lui semblent bien tièdes en comparaison du risque de néant où la plonge l’idée d’une éventuelle perte d’amour. C’est pourquoi l’amour est la grande affaire des femmes. « Affaire » au sens de vête-ment aussi, car j’ai lu Lacan dans le sexe figurez-vous.

Elle voulait un amour aveugle et un homme très très regardant. Mais c’est fini, je n’ai plus de regard. Mon regard évanoui, il s’est produit en quelque sorte une éclipse de femme. Elle fut rendue au continent noir du féminin, au cauchemar de qu’est-ce que je vais m’être, moi, ce matin ? Je n’ai plus rien à m’être holalalala…Une femme c’est contingent. Pas éternel. L’éternel féminin… conneries ! Une nénette c’est conjoncturel. Evénementiel, même. Une femme c’est de temps en temps un sac, des cheveux, des bottes ou des talons, et le reste du temps c’est comme du vent ou un nuage. Ca tient à rien en somme. Ça tient à un homme. Enfin, ça tient à l’amour qu’il lui donne, et qu’il lui fait. Et plus il aime, moins il le fait. Et plus il le fait, moins il aime.
Si elle veut faire l’amour souvent, une femme doit apprendre à se faire un peu détester et inversement, si elle veut être beaucoup aimée, elle ne doit pas beaucoup baiser. Peu d’hommes savent désirer et aimer en même temps, alors il faut jongler. Les hommes font semblant d’aimer l’amour pour faire plaisir à leur femme mais à la vérité ils s’en battent les couilles de l’amour, à part quelques indécrottables troubadours qui aiment d’ailleurs moins les femmes réelles que le fantasme de l’inaccessible Dame, comme Dieu.

Comment pourrait-elle comprendre ? Elle croit que je ne l’aime plus. C’est infiniment plus compliqué que ça. Les femmes n’ont que l’amour à la bouche. Il m’aime. Il ne m’aime pas. Elles confondent pitié et désamour. Mais l’amour vrai commence avec la pitié, quand le regard enfin absent on commence à voir la mort de l’autre, comme un phare noir braqué sur sa vie.

mardi 3 février 2009

(¤,¤)


« Ce que j’aime dans ton visage, c’est l’arrivée d’une lampe allumée en plein jour »


Enfant de la terre habitué au coq
il pensait qu'en ville
chaque jour se levait
au boucan des camions-poubelle


et aussi il trouvait
les portes automatiques
très respectueuses.
Il se sentait un roi
qu'elles s'écartent devant lui
comme ça.



A peu près en bulle


« Il n’y aura pas d’autre enfant et pourtant je l’aime aussi. »


Il n’y aura pas d’autre amour.


Moi c’est ta dureté qui m’attendrit.


Ton cœur se débat si fort.


L’amour mort ne ferait même pas l’effort

de se défendre, lui.


Alors ça me va


Le poème n’a pas peur de mon attendri


L’enfance dans son présent de soi sauvage

sérieuse comme un pape


elle ne croit pas, elle a envie


elle veut


Croire, c’est ne plus être Dieu.